Publié le 9 mars 2009

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TENDANCE RASTA

TENDANCE RASTA

Par Laurent LAVIGE et Carine BERNARDI
Editions 10/18, Musiques & Cie, 2003

Laurent LAVIGE et Carine BERNARDI nous font voyager au sein de l’id ?ologie RASTA. Un r ?cit fort int ?ressant sur ce concept jama ?cain qui a d ?pass ? les fronti ?res, notamment gr ?ce ? la musique reggae ? laquelle elle s’est associ ?e d’elle-m ?me.
Contrairement ? beaucoup d’id ?es re ?ues sur les rastafariens, ces derniers ne repr ?sentent que 10% de la population jama ?caine. Ils croient en un Dieu, qu’ils appellent JAH (d ?riv ? de Yahv ?) mais ils occultent totalement les lieux de culte. Le reggae est LEUR musique, mais plus g ?n ?ralement la musique des Jama ?cains. C’est avant tout une musique revendicative, rebelle, engag ?e contre un syst ?me oppressant, la pauvret ? et les ghettos.

"Etre Rasta n’est pas une religion, c’est une r ?alit ?." Bob Marley
Sont abord ?s dans ce r ?cit l’histoire de la Jama ?que et du mouvement rasta, le reggae, les grandes figures du reggae et la vie quotidienne des rastas.

UN PEU D’HISTOIRE
Naissance de la Jama ?que

Actuellement, on compte environ deux millions cinq cent milles Jama ?cains dont 76% d’origine africaine et 15% d’origine afro-europ ?enne. Les premiers habitants ?taient des indiens Arawaks venant d’Amazonie, du nord du Venezuela et des c ?tes Guyanaises. Ils appelaient la Jama ?que Xaymaca ou Xamaica, le Pays des Sources, le Pays de Bois et d’Eau. Avec l’arriv ?e de Christophe Colomb sur ce paradis terrestre en 1494, c’est le d ?but de la colonisation. Les premiers colons espagnols arrivent vers 1510 sur l’ ?le, baptis ?e alors Jama ?que. L’arriv ?e des premiers Noirs se situe vers 1517 avec la Traite des Noirs, la Jama ?que ?tant la premi ?re ?tape vers l’Am ?rique. Ils sont principalement originaires d’Afrique Occidentale. Il s’agit pour beaucoup de tribus ghan ?ennes, compos ?es en majorit ? de guerriers qui seront par la suite tr ?s difficiles ? g ?rer. En 1670, la Jama ?que est alors colonis ?e par les Britanniques. S’ensuivent deux guerres des Marrons : 1729-1738 avec un trait ? de paix, permettant aux esclaves de vivre libres mais dans leurs terres ; d’o ??, la seconde guerre en 1795. L’abolition de l’esclavage par le Parlement Britannique n’aura lieu que plusieurs ann ?es plus tard en 1834, avec de fortes restrictions, d ?finitivement abandonn ?es en 1838. Quant ? l’ind ?pendance de la Jama ?que, il faudra attendre 1962.

ETRE RASTA
Etre rasta est un concept purement jama ?cain qui est n ? avec les souffrances quotidiennes des diff ?rentes cultures vivant sur l’ ?le (Afrique, Asie, Europe). Les rastas n’ont pas de lieux de culte, pas d’ ?glises, pas d’interm ?diaires entre eux et Dieu. Bien que la Bible soit leur guide spirituel, ils sont libres de faire leurs propres choix. M ?me s’ils restent tr ?s individualistes dans leur foi, l’esprit communautaire est toujours vivace. La solidarit ? entre les hommes permet l’am ?lioration de leurs souffrances physiques et psychologiques quotidiennes, et la Bible, d’ ?lever l’esprit vers un Dieu bien vivant. Les rastas sont contre le Syst ?me, les institutions et leurs repr ?sentants politiques, qu’ils nomment assur ?ment BABYLONE.

Rastafari
Le rastafari est une religion n ?e dans les ann ?es 1930, un mouvement chr ?tien noir qui pr ?ne le retour aux Sources, en Afrique, plus particuli ?rement en Ethiopie, souvent mentionn ?e dans la Bible. Pour les rastas, la Jama ?que n’est qu’une terre d’exil et HAILE SELASSIE, premier empereur d’Ethiopie, est la derni ?re r ?incarnation de Dieu sur terre.
Ha ?l ? S ?lassi ? est n ? en 1892 en Ethiopie. Il est le seul survivant de sa famille. Appel ? Tafari "Tu seras craint", son go ?t prononc ? pour le pouvoir l’am ?ne ? diriger le pays en 1916 aux c ?t ?s de sa tante, l’imp ?ratrice Zaouditou. Il abolit l’esclavage et modernise l’Ethiopie. C’est un v ?ritable r ?formiste. Il devient empereur en 1930, "Negusa Nagast" (Roi des Rois). Puis il prend le nom d’Hail ? S ?lassi ? qui signifie "Force de la Sainte Trinit ?" jusqu’ ? sa mort en 1975.
La culture rasta est faite de l ?gendes, de proph ?ties et de textes bibliques. Le rastafari est une attitude anticoloniale m ?l ?e ? une philosophie universaliste et pacifique, qui a eu une influence d ?cisive sur beaucoup de musiciens jama ?cains et sur le reggae. Et ce dernier va permettre la connaissance plan ?taire des rastas mais avant cela, deux hommes vont aussi contribuer ? la diffusion internationale de l’id ?ologie rasta : Marcus Garvey et Leonard Percival Howell dit "Le Gong".

Marcus Garvey
N ? en 1887 en Jama ?que, Marcus Garvey vit pendant plusieurs ann ?es ? Harlem. Il est ? la fois missionnaire, homme politique et homme d’action. Sensible aux conditions de vie pr ?caires et s ?gr ?gationnistes des Noirs, il commence par lutter pour l’am ?lioration de leurs vies. Il pr ?conise le retour ? l’Afrique, en Ethiopie plus particuli ?rement car c’est le seul pays libre. Fortement pers ?cut ? pour ses actions et ses opinions, il est emprisonn ? en 1925 pour fraude fiscale. Deux ans apr ?s, il est lib ?r ?. Il d ?cide alors de retourner en Jama ?que. C’est en 1927 qu’il "proph ?tise" Hail ? S ?lassi ?. En effet, il voit en lui la derni ?re r ?incarnation de Dieu sur terre. Gr ?ce ? Marcus Garvey, l’id ?ologie rasta est popularis ?e. C’est le pr ?curseur du nationalisme noir. Malheureusement, il doit s’exiler en Angleterre car il est constamment pers ?cut ? par le pouvoir colonial. Il meurt en 1940.

Leonard Percival Howell, "Le Gong" (le pistolet)
C’est le premier fondateur d’une communaut ? rasta. N ? en 1898 en Jama ?que, il vit ? New York d ?s l’ ?ge de quatorze ans car il est t ?moin d’un meurtre. En 1920, il s’installe ? Harlem. Il est alors gu ?risseur. Il retourne ? Kingston en 1930 alors que le pays est en crise. Il r ?ussit ? propager l’id ?ologie rasta mais il est emprisonn ? pendant deux ann ?es en 1934. Et de nouveau arr ?t ? en 1938 et enferm ? ? l’asile pendant un an. C’est en 1940 qu’il cr ? ? la premi ?re communaut ? rasta, appel ?e "la communaut ? du Pinnacle", la terre promise du rasta. Cette communaut ? est r ?gie par plusieurs r ?gles comme la solidarit ? mais aussi des r ?gles s’inspirant directement de l’ashram indien tels que le r ?gime v ?g ?tarien, la ganja, les Dread Locks ou encore la m ?ditation. Constitu ?e de plus de deux milles rastas, la communaut ? du Pinnacle prend fin en 1958. Violemment pers ?cut ?s par les autorit ?s coloniales, les rastas ont une mauvaise image et se retrouvent dans les ghettos. C’est depuis les ann ?es soixante que date leur mauvaise r ?putation, une r ?putation empreinte de violence malgr ? une origine non-violente des rastas. Ainsi voit le jour une nouvelle g ?n ?ration de rastas urbains avec ses codes, dont le reggae. Quant ? Leonard Percival Howell, il meurt en 1981 dans un h ?tel luxueux dans lequel il a v ?cu depuis la fin des ann ?es 1970.

Mouvements rastas

On peut distinguer quatre principaux mouvements rastas en Jama ?que :

- Les Douze Tribus d’Isra ?l. C’est le mouvement rasta le plus c ?l ?bre, compos ? surtout des classes moyennes. Mouvement rasta tr ?s lib ?ral. Bob Marley l’a fortement soutenu. Son influence fut tr ?s importante dans les ann ?es 1970.
- Les Bobos. Communaut ? rasta tr ?s stricte et m ?pris ?e des autres rastas jusque dans les ann ?es 1990.
- L’Eglise sioniste copte d’Ethiopie. Communaut ? rasta compos ?e de capitalistes avec un commerce de la drogue tr ?s actif.
- Les Nyabinghis. Communaut ? rasta originaire des reines africaines, empreinte de violence, d’extr ?misme, de haine et de racisme. Il n’y a pas de leader.

A savoir : le Nyabinghi est une musique jama ?caine de percussion et un rythme religieux qui forment les racines du reggae.
La premi ?re convention rasta a lieu en 1949. En 1960, cr ?ation du premier document officiel sur la philosophie rasta. Et en 1992, premi ?re f ?te rasta.

LE REGGAE
Les origines du reggae : mento et burru
Bien qu’interdite, la musique a toujours ?t ? omnipr ?sente. Il y a eu un d ?but d’orchestres dans les villages dans les ann ?es 1920, avec une grande influence du Quadrille. Le quadrille ?tait une danse ? la mode en France au d ?but du XIX ? s. qui se dansait souvent ? quatre couples ?voluant en carr ?. Puis, il y a eu d’autres musiques et danses voisines telles que le Calypso (Trinidad), la Samba (Br ?sil), la Rumba (Cuba). Il s’agissait des musiques les plus populaires en Jama ?que. D’o ??, un tr ?s grand brassage musical.

Le mento
Le mento est l’une des origines significatives du reggae. C’est une musique et une danse populaires lyriques des ann ?es 1950, proches du calypso.
A savoir : le calypso est un chant populaire et une danse apparus au XIX ? s., qui ont des origines cr ?oles, espagnoles et africaines, li ?es au carnaval. Il s’est r ?pandu en Am ?rique centrale et dans les Antilles dans les ann ?es 1930. Vingt ans plus tard, il a connu un succ ?s international. M ?lang ? ? de la soul music, il est devenu de la soca, m ?lang ? au rap, le rapso
Le mento est une musique jama ?caine jou ?e avec diff ?rents instruments tels que le banjo, la guitare et l’harmonica, puis divers objets.

Ainsi le reggae est un m ?lange musical entre le mento (structure de sa ligne de basse, style vocal, rythme rapide et m ?lodies douces) et les tambours Burrus d’Afrique. Count Ossie, v ?ritable pr ?curseur, est le percussionniste de Burrus le plus reconnu. Il fonde en 1951 un centre culturel rasta. Les bases de la musique rasta sont donc fond ?es sur une pulsion r ?guli ?re sans les transes africaines.

Diffusion du reggae

Les sound-systems
La musique jama ?caine est g ?n ?ralement diffus ?e dans les ann ?es 1940 par les sound-systems. En effet, les Jama ?cains n’ont pas assez d’argent pour acheter des radios, des ?lectrophones et des disques. Beaucoup n’ont m ?me pas l’ ?lectricit ?.

Les sound-systems sont des sonorisations mobiles, des v ?ritables discoth ?ques ambulantes. Il y a un programmateur dit selecter qui choisit les musiques, et un toaster (futur dj) qui commente et anime au mieux. L’influence significative des sound-systems reste la rythmique, ? savoir le duo basse-batterie.

Il existe une tr ?s grande violence entre les sound-systems. Ils s’approvisionnent tous aux Etats-Unis. Au d ?but des ann ?es 1950, ils diffusent principalement du swing et du Rhythm’ N’ Blues. Mais ? la fin des ann ?es 1950, le Rhythm’ N’ Blues s’essouffle et l’approvisionnement aux Etats-Unis devient plus probl ?matique. Ils font donc appel aux artistes locaux.

Coxsone, Leslie Kong, Arthur Duke Reid
Personnages incontournables de la production musicale jama ?caine

- Clement TODD, dit "Sir Coxsone Downbeat". C’est le "P ?re de l’industrie musicale jama ?caine". Il a son propre sound-system ? Kingston. Il emploie les fameux Count Machuki (DJ, pr ?curseur du rap) et Prince Buster qui est alors boxeur. Au d ?but des ann ?es 1960, il cr ? ? son studio, le "StudioOne" qui devient rapidement une p ?pini ?re de futurs artistes reggae. Ces derniers n’ont jamais de contrats et sont peu ou pas pay ?s.

- Leslie Kong. Il cr ? ? le label "Beverley’s" dont Jimmy Cliffest le repr ?sentant le plus connu.

- Arthur Duke Reid. Plut ?t violent dans ses m ?thodes, il est puissamment arm ? et d ?truit beaucoup de sound-systems. Il produit ? partir des ann ?es 1960 et cr ? ? son label "Treasure Isle". C’est le producteur des meilleurs titres de rock steady.
A savoir : le rock steady est un style musical jama ?cain de la fin des ann ?es 1960, pr ?curseur du reggae, dans lequel chant et guitare ?lectrique sont au premier plan (Prince Buster). C’est une musique pour ceux qui souffrent 1968-1969) .

Naissance du reggae
En Jama ?que, on ?coute plusieurs musiques telles que le jazz, la soul, le boogie-woogie, le blues jam, du rhythm’ n’ blues tr ?s ?pic ? et le ska, une musique tr ?s joyeuse et tr ?s optimiste.
A savoir : le boogie-woogie est un style de piano jazz puissant, simple et direct apparu au d ?but du XX ? s., en vogue entre la fin des ann ?es 1930 et la fin des ann ?es 1940. Il a influenc ? les d ?buts du Rhythm’ N’ Blues et du Rock’ N’ Roll.

Le ska est un courant musical jama ?cain de la fin des ann ?es 1950, proche de la soul et du rhythm’ n’ blues ?tasuniens, ? l’origine du rock steady et du reggae (Prince Buster, Owen Gray).
C’est en 1968 que na ?t le reggae. Le premier titre est compos ? par Toots And The Maytals, un groupe vocal majeur de rock steady, et produit par Lee "Scratch" Perry. Il s’intitule "Do The Reggay". L’origine du mot "reggae" viendrait du mot "streggae" (femme qui couche avec tous les hommes). Ce mot ne plaisant pas aux radios, ils l’auraient donc transform ? en "reggae".

L’ ?l ?ment essentiel du reggae est la basse ?lectrique. Rajoutez ? cela un tempo ralenti et une batterie sur un rythme syncop ? qui frappe les contretemps. A ces d ?buts, le reggae ?tait une formation vocale en trio, une musique urbaine venant du guetto. Elle va s’associer ? la spiritualit ? des rastas, ? leurs souffrances qu’ils subissent au quotidien. Les paroles et la musique sont tr ?s importantes, et la ganja rendra le reggae plus "cool". Le reggae a ?galement ?t ? influenc ? par la musique noire am ?ricaine comme nous l’avons pr ?c ?demment ?voqu ?.
Succ ?s du reggae

Le premier succ ?s du reggae se fait d’abord sentir au Royaume-Uni, pour deux raisons : d’une part, il y a une importante communaut ? jama ?caine ? Londres ; d’autre part, le mouvement des Skinheads est tr ?s proche des revendications et des souffrances du peuple jama ?cain (The Clash, The Sex Pistols, Johnny Roten, Nina Haagen). Le reggae va se confondre peu ? peu avec les musiques occidentales, notamment la pop musique (UB40, Joe Cocker et m ?me les Rolling Stones). Quant aux Etats-Unis, le succ ?s se fait attendre. Il arrive lentement avec Stevie Wonder et son "Paster Blaster", ainsi que Grace Jones.

En France, c’est Serge Gainsbourg qui fait conna ?tre le reggae avec l’album "Aux armes et caetera" de 1979 et sa version jama ?caine de la Marseillaise. N’oublions pas aussi Bernard Lavilliers avec le titre "Stand the guetto" de 1979, et Bill Deraime avec "S ?vres-Babylone".
En Afrique, le succ ?s du reggae est quasi imm ?diat et beaucoup plus vif avec le titre "Zimbabwe" de l’album "Survival" de Bob Marley.
Evolution du reggae

Il faut distinguer le roots reggae (Burning Spear, Israel Vibration) qui est le reggae des racines, en rapport avec le mouvement rastafarien, et les diverses ?volutions de la musique reggae dues en partie aux ?volutions techniques.

Le dub
Ce terme anglais signifiant doubler, copier est un style musical jama ?cain apparu malencontreusement dans les ann ?es 1970. Il est fait de morceaux remix ?s et manipul ?s en studio. En effet, en studio, King Tubby oublie de connecter la piste de voix et d ?cide de graver ce "titre" en face B. Gros succ ?s. A l’origine, il s’agit donc d’une version instrumentale ?pur ?e d’un morceau de reggae dans laquelle on a retir ? les voix et ? qui l’on fait subir diff ?rents effets ?lectroniques. On retrouve le dub sur les faces B sous l’intitul ? de version instrumentale ou "riddim" (accompagnements rythmiques). Le dub influencera par la suite la production ambient, techno, jungle ou hip-hop et s’implantera en Angleterre. Les artistes de dub ? conna ?tre sont Lee "Scratch" Perry, Mad Professor, Augustus Pablo ou encore U Roy. A noter en marge du dub, le dub poetry qui est de la po ?sie sur de la musique dub, un nouveau genre cr ? ? par LKJ.

Le Lover’s Rock
C’est du reggae soul datant de 1975, une musique plut ?t douce, repr ?sent ?e par Gregory Isaacs.

Le Rockers
Cr ? ? par Sly Dunbar, le rockers a une rythmique plus lourde et un style vocal plus doux. Ann ?es 1975-1978. Mighty Diamonds, les Abyssinians.
Le Digital Reggae
Cr ? ? par Prince Jamy en 1985. Reggae avec un clavier num ?rique.

Le Raggamuffin
Vient des mots "rag" (chiffon) et "muff" (andouille). "Ragamuffin" signifie "gueux". C’est une version num ?rique du reggae en date du d ?but des ann ?es 1990, influenc ?e par les techniques du dub et le chant du rap. Les paroles sont mi-parl ?es, mi-chant ?es, et ne ressemblent en rien ? celles du reggae. Les th ?mes abord ?s ne sont pas les m ?mes. Ils ont une image rebelle. Shinehead, Sly & Robbie, Shabba Ranks, Ninjaman, Yellowman. Le raggamuffin explose en France avec le titre "Boombastic" de Shaggy.

Le Rap
Le reggae est une des sources du rap. En effet, le rap a diverses origines dont le preaching des pr ?dicateurs noirs, le talk over (improvisation parl ?e qu’invente un DJ sur de la musique pour annoncer le morceau suivant) mais aussi les toasters jama ?cains qui animaient ? partir des ann ?es 1940 dans les sound-systems. Ils se sont transform ?s en DJ. A noter aussi le slack ou slackness, qui est l’utilisation dans les chansons de paroles explicitement sexuelles, en vogue dans le reggae des ann ?es 1980. Le sexe devient omnipr ?sent, d’o ?? notamment le dutty dub avec un son froid et r ?p ?titif.
Le Hip-Hop (Diana King)_Le Trip-Hop_ La Jungle_La World Music (Toure Kunda)

Le New Roots
Nouvelle vague de Roots Reggae, cr ? ? par Sizzla (Zion Train, Alpha Omega).

Influence du reggae
Partout dans le monde, le reggae a influenc ? beaucoup d’artistes. Et son avenir passe notamment par le m ?lange avec d’autres styles musicaux. Suit une liste non exhaustive d’artistes fortement influenc ?s par la musique reggae.
Eagle Eye Cherry, Ben Harper, Finley Quaye, Tori Amos pour qui le reggae est une source.
Horace Andy (Massive Attack), Portishead.
Groupes indo-pakistanais tels qu’Asian Dub Fondation, Fun-Da-Mental avec un ragga violent.
France : la Mano Negra, les N ?gresses Vertes inspir ?s par le reggae.
Afrique du Sud : Lucky Dube.
C ?te d’Ivoire : Serge Kassy, Isma ?l Isaac.
S ?n ?gal : Maxidilick Adioa.
Nig ?ria : Alpha Blondy.
Egypte : avec de la Jeel Music (pop ?gyptienne). Hamid Sha ?ri, Mohammed Mounir.
Oc ?an Indien : Kaya, l’inventeur du seggae, un m ?lange de sega et de reggae.
A savoir : le sega est une musique populaire rurale venant des ?les de l’Oc ?an Indien (Maurice, R ?union, Comores, Seychelles, Madagascar) .
Inde : m ?lange de Bhangra Beat et de Ragamuffin apparu dans les ann ?es 1990, appel ? Bhangramuffin.
A savoir : La Banghra Beat est un m ?lange de musiques indo-pakistanaises traditionnelles avec des ryhtmes disco et techno.
Quant au reggae ? la fran ?aise, il d ?bute dans les ann ?es 90 avec Sa ? Sa ?, Mickey Mossman, Princesse Erika, Tonton David. D’autres artistes fran ?ais connaissent un vif succ ?s aujourd’hui tels que Pierpoljak, Nuttea, Sinsemillia, Marcel et son orchestre. Le reggae fran ?ais est avant tout tr ?s festif. L’id ?ologie rasta est totalement pass ?e ? la trappe et la religion compl ?tement usurp ?e.
Autant dire que l’expansion du reggae est internationale.
GRANDES FIGURES DU REGGAE

Vous trouverez dans l’ouvrage de nombreux renseignements sur les principales figures du reggae, ? savoir Bob Marley and The Wailers, Chris Blackwell, un producteur blanc londonien qui cr ?a Island Records, Lee "Scratch" Perry, Jimmy Cliff et Burning Spear.
LA VIE QUOTIDIENNE DES RASTAS
La ganja
Appel ?e "l’amie du pauvre", la ganja est un terme originaire de l’Inde. Il s’agit de chanvre indien jouant un r ?le quasiment religieux pour les rastas. L’arriv ?e de la ganja en Jama ?que s’est faite par la main d’ ?uvre indienne apr ?s l’abolition de l’esclavage en 1838 et par les planteurs eux-m ?mes. La ganja a plusieurs utilisations : balsamique naturel pour soigner, boisson tonique, plats ?pic ?s et bien s ?r la fumer. C’est surtout au sein de la communaut ? du Pinnacle, premi ?re communaut ? rasta, que la ganja se propage. En effet, elle est consid ?r ?e comme une herbe sacr ?e et syst ?matiquement utilis ?e par les rastas dans la pratique religieuse. Cependant, elle reste une substance illicite, m ?me aujourd’hui malgr ? une consommation tr ?s importante.
Le look rasta
Les Dread Locks
Apparues dans les ann ?es 1940 seulement. Avant les rastas avaient les cheveux courts et ?taient barbus. Trois origines possibles des Dread Locks : d’une part, en r ?f ?rence ? la Bible ; d’autre part, un hommage aux racines africaines ; enfin, peut- ?tre emprunt ?es aux Hindous.
Le terme "Dread" signifie terrible. En effet, les effets premiers des Dread Locks ? ses d ?buts sont la peur et la suspicion de salet ?. Aujourd’hui encore, on retrouve parfois ces m ?mes id ?es de m ?fiance et de distance. C’est une rupture ?galement avec les codes occidentaux, Babylone. Cependant, ce ne sont pas les Dread Locks qui font le rasta car ce dernier reste avant tout libre de ses choix, avec ou sans Dread Locks.
Les Tams
Il s’agit des b ?rets de laine que portent les rastas.
Les symboles ?thiopiens
D’une part, le lion, symbole de la tribu d’Ha ?l ? S ?lassi ?, premier empereur d’Ethiopie et derni ?re r ?incarnation de Dieu sur terre. D’autre part, les couleurs du drapeau : vert (v ?g ?tal), jaune (richesse du continent) et rouge (l’Eglise triomphante).
Les effigies de Bob Marley, Ha ?l ? S ?lassi ? et Marcus Garvey
La nourriture
Les rastas sont v ?g ?tariens. La nourriture doit ?tre naturelle, ? base de grains, de fruits, de l ?gumes et de poissons. Il est interdit de consommer de la nourriture en conserve, de la viande, du sel, de l’alcool et des coquillages. Dans l’ouvrage, vous pourrez vous familiariser avec la cuisine rastas. En effet, plusieurs recettes sont propos ?es.
Les femmes et les enfants
Les femmes rastas ont le devoir de s’occuper de la cuisine, de l’ ?ducation de leurs enfants et bien s ?r de leurs hommes, sexuellement parlant. La polygamie est courante chez les rastas et les femmes ont beaucoup d’enfants. Il est strictement interdit aux hommes de partager leurs lits quand les femmes sont indispos ?es car elles sont consid ?r ?es comme impures. De plus, elles ne doivent pas utiliser de moyens de contraception car les rastas refusent la m ?decine moderne. De m ?me pour les ?coles, elles sont les ?manations directes de Babylone. Autant dire que les conditions des femmes n’ont connu aucun changement avec les rastas.
Le vocabulaire
L’anglais est la langue officielle depuis la colonisation au XVII ? s. Mais il y a aussi le cr ?ole jama ?cain qui est un m ?lange entre l’anglais, l’espagnol, le portugais et les langues africaines. Le d ?bit est plut ?t rapide, lyrique, dynamique et actuel. Il existe litt ?ralement un dialecte rasta. Dans l’ouvrage, vous avez la possibilit ? d’apprendre les bases de ce dialecte rasta avec diff ?rentes le ?ons et un petit lexique, fort int ?ressant.
L’image des rastas dans nos soci ?t ?s
Dans la publicit ?, les rastas sont souvent pr ?sent ?s avec leurs Dread Locks, les trois couleurs, comme des hommes "cool" et bien constitu ?s physiquement. Hors publicit ?, le mode de vie des rastas est per ?u comme original et rebelle ? la fois. Dans les Arts Plastiques, ce sont toujours les m ?mes clich ?s qui reviennent.
Et demain ? Comment seront-ils per ?us ? Nul ne le sait. Cependant, il est certain qu’il y aura mati ?re car les rastas ont toujours mauvaise presse.
La vie quotidienne des rastas est tr ?s int ?ressante dans cet ouvrage. N ?anmoins, elle n’est pas assez d ?velopp ?e. Ce qui est bien dommage car on reste un peu sur sa fin apr ?s avoir lu toute une partie tr ?s enrichissante et compl ?te sur le reggae. Si les rastas et le reggae vous sont totalement inconnus, alors n’h ?sitez pas ? d ?couvrir cet ouvrage ?crit par Laurent Lavige et Carine Bernardi.